Bikepacking en Norvège : les conseils de Sophie Gateau.

Oui, on a bien fait les beaux avec notre “paradoxe de l’inconfort” norvégien, et on s’est bien foutu de nos propres gueules à s’imaginer qu’on allait bien souffrir nos races. Et puis, peu à peu, on se rend compte que la date du départ approche, qu’on a enfilé plus de pintes que de kilomètres, et que merde, on va VRAIMENT souffrir en fait.

Alors pour nous préparer au mieux à notre projet No(r)way et limiter nos potentielles souffrances, on s’est tourné vers Sophie Gateau, qui a chaleureusement accepté de nous partager son expérience et ses conseils en répondant à nos questions de Rookies.

Pour ceux qui ne la connaîtraient pas encore, Sophie Gateau (aka @sofigato) est une talentueuse photographe et réalisatrice parisienne qui profite de son vélo pour découvrir de nouveaux horizons, qu’ils soient dans son quartier, sa ville, sa région, son pays, ou ailleurs. De belles découvertes qu’elle partage avec ses copains de La Map et des Classics Challenge, et en tant qu’ambassadrice Komoot.

Cycliste aguerrie ayant terminé plusieurs épreuves d’ultra-cycling, son humilité et sa bienveillance envers Les Rookies n’ont d’égal que le nombre incroyable de kilomètres qu’elle a pédalé.

Et ça tombe bien, une des dernières aventures de Sophie, c’était la North Cape 4000.
Une épreuve cycliste délirante de 4600 km : départ en Italie pour rejoindre la Cap Nord, en Norvège. L’occasion idéale de lui poser toutes nos questions sur notre future destination.

Retour sur une matinée passée avec Sophie à parler de sa vision du vélo, de l’aventure, et ses précieux conseils pour tout voyageur Rookies. En espérant qu’ils vous seront aussi utiles qu’à nous !

SOMMAIRE :
Page 01 – Parlons vélo, aventures, et aventures à vélo.
Page 02Leçons et conseils tirés de la North Cape 4000
Page 03Conseils concrets pour No(r)way :
Equipement, nutrition, gestion de l’effort, du sommeil, du dénivelé, etc.


Revoir ses cours de géographie

Quand et comment le vélo est entré dans ta vie ?

Assez récemment finalement ! Je suis parisienne, donc je faisais du vélotaff, et je me suis dis qu’il fallait vraiment que je me mette au sport. Et puisque je faisais déjà du vélo pour me déplacer, je me suis dis pourquoi ne pas pousser ça. Puis j’ai rencontré les filles du Paris Woman Cycling Club. Elles avaient organisé un apéro pour expliquer un peu comment ça marche, et elles étaient hyper cools ! Elles m’expliquent qu’elles organisent un petit ride de 60km, ça me tente beaucoup, mais je me rappelle que je n’ai pas de “vrai” vélo ! Du coup, je vais sur Leboncoin, je me chope un petit vélo de course à soixante balles, complètement inespéré. Bon… il s’est avéré que c’était un vélo de montagne, mais je n’y connaissais rien en cassettes, en pédalier, etc, mais bref !

Je pars faire le ride de 60 bornes avec elles, dans le Sud de Paris, et là… j’ai cru que j’allais mourir tellement c’était dur ! Mais c’était quand même génial ! J’ai rencontré de super filles et ça m’a vraiment donné envie de continuer ! Surtout de me dire “si elles y arrivent, moi aussi je vais y arriver, il faut juste que je m’y mette un peu.” Et c’est venu comme ça, en fait !

Ensuite j’ai rencontré le club Cyclo Sport de Pantin, ils étaient tous cools. Mais surtout, il y avait des meufs, ce qui est encore assez rare dans les clubs de vélo. Et de fil en aiguille j’ai rencontré mes potes du Wild Vélo Club, on a fait plein de conneries et vécu plein d’aventures ensemble, et puis pourvu que ça dure !

Donc finalement, comme beaucoup d’entre nous, tu as commencé le vélo grâce au vélotaff ?

Exactement ! C’est du pragmatisme en fait ! Un moment tu constates simplement que ça va plus vite de prendre le vélo que de prendre le métro, et puis voilà. La voiture à Paris n’a aucun sens, et le métro n’est pas toujours idéal, donc un jour t’essaies le vélo. En plus, à l’époque, il n’y avait pas toutes les pistes cyclables, etc. Donc une fois que t’as passé le cap de “ok, en fait, je peux le faire”, tu découvres la ville complètement différemment, et c’est génial ! Je crois que mon meilleur souvenir, c’était à Vélib, pour te dire ! J’avais parcouru Paris toute seule en vélo la nuit, c’est magique comme expérience !

Comment définirais-tu la place que le vélo a pris dans ta vie ?

La place qu’il prend ne cesse de grandir ! J’ai rencontré plein de nouvelles personnes, que je n’aurais probablement jamais croisées sans le vélo. J’ai de plus en plus de projets de taf liés au vélo. Ça me fait voyager aussi. Parce que tu commences par explorer Paris, puis la banlieue, puis tu découvres que tu peux mettre ton vélo dans le train et là c’est un nouveau monde qui s’ouvre à toi !

Qu’est-ce qui t’a plu dans le vélo à la base, et qui te plaît encore aujourd’hui ?

C’est clairement ce sentiment de liberté et de voyage. Tu montes sur ton vélo et tu t’échappes, quoi ! Rien que de traverser Paris, c’est un kiff. T’as même pas besoin d’aller loin pour ressentir ce pur plaisir. Et pour le voyage, ça te permet vraiment de redécouvrir la France, sa géographie, et ses paysages !

Lens, par exemple, tu ne sais pas forcément où c’est. Moi, je ne savais pas, en tout cas. Mais une fois que t’as fait des traces pour une sortie vélo, que t’as cherché des trains sur le site de la SNCF, etc, tu sais où c’est maintenant. Et ça redéfini complètement notre rapport à la géographie, je trouve. Tu te rends compte que ce qui te paraissait très loin, ne l’est pas forcément.

Et de fil en aiguille, tu finis par faire une BTR (rires). Pour ceux qui ne savent pas la BTR (Born To Ride), c’est environ 1200km, avec des checkpoints à valider. Ce n’est pas une course, mais t’as quand même une deadline pour passer par les checkpoints. Donc ça c’était vraiment le truc où j’ai commencé à repousser mes limites.

Du bmx au fixie, en passant par le vélo de route, le velotaff et bien sûr le gravel et le bikepacking, une seule chose m'anime : photographier et partager mes aventures.

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