🎙 Flavien Scordel, le Rookie de la TCR 2022 !

Il y a quelques mois on écrivait une Mention Spéciale sur le roi du kiff, Flavien Scordel. Malheureusement et contrairement à notre volonté, nous avons dû mettre hors-ligne l’article et donc éteindre la lumière que nous voulions faire sur “l’artiste”. Là où on était quand même rassuré, c’est qu’avec des énergumènes comme Flavien, il ne faut pas bien longtemps avant de pouvoir reparler d’eux. Chose faite aujourd’hui. 🎉

Vous trouvez que notre titre est aussi racoleur qu’un article abonné sur L’Équipe.fr ? Détrompez-vous, Flavien n’est pas le Rookie comme nous pouvons l’être mais il s’agit ici de sa première participation à la célèbre et mythique Transcontinentale Race. Alors qui dit “première” dit “Noob”, dit “Rookie”.

Rappelons que cette course voit passer les plus fous des ultra-cyclistes qui acceptent de s’infliger les pires conditions pour traverser l’Europe. Oubliez les “Eurovelo”, les pistes cyclables et les gîtes avec la petite boisson fraîche, là on va plutôt se parler de dormir sous un abribus (quand il y en a), de cassage de station-service pour dévorer tout ce qui est comestible et de course-poursuite avec des chiens errants saupoudré de dénivelé à ne plus savoir compter.

Cette année, le départ se faisait en Belgique et amenait les cyclistes jusqu’en Bulgarie. Pour vous parler en chiffres, le gagnant de cette édition à bouclé la course en 9 jours et 14h avec un total de 4,578.52km (soit environ 477.12km par jour) et une moyenne de …….. 24.50m/h. Voilà voilà. 😱

Revenons à notre mouton avec Flavien. Le « Kiffologue », comme il s’auto-proclame, a très vite matché avec nous. Rencontré dans le monde réel durant notre première ascension du Ventoux, on a très vite compris qu’on partageait l’amour du vélo, de l’humour et du houblon. Bromance. Alors c’est avec une grande fierté que nous voilà en train d’échanger ces mots, quelques jours après son arrivée sur la Transcontinentale Race 2022 d’où il a décidé de rentrer en France…. en vélo.

Yo Mamen ! Merci de nous accorder tes premières impressions après cette énorme aventure. Ça ne te dérange pas qu’on t’associe à la notion de Rookie ? Car en vrai, c’est ta première participation ?
Pas de soucis, je me considère comme débutant dans la discipline.

Comment en es-tu venu à vouloir te choper un dossard et te lancer dans cette épreuve ?
Il y a 4 ou 5 ans, j’ai commencé à allonger les commutes avec ma conversion pignon fixe perrave et mes potes « velos » ont évoqué cette course. J’étais un mega overconfident noob à l’époque. J’ ai entendu parler de cette course à peu près à cette époque et je me suis alors promis de la faire un jour. Depuis, sur chaque ride, aventure ou course que j’ai roulé, je ne pensais qu’à la TCR. Quasi religieusement. Parfois en oubliant le kiff qu’est le bike.

On a pris un malin plaisir à suivre ton Instagram tous les jours. Encore mieux qu’un tracker sur un vélo. Mais au final, on a quand même l’impression que le “kiffologue” n’a pas kiffé… Non ?
Mamen je ne vais pas te mentir jai été dans le dur dès l’Allemagne, et c’était pas à cause de leur bouffe dégueulasse, ta capté. J’ai eu la malchance de souffrir de douleurs de l’enfer au cul (saddle sores / bleus) et une tendinite persistante au VMO droit. Donc, malheureusement, la course de mes rêves s’est rapidement transformée en antikiff. Je souffre toujours bcp sur les courses longues (idem sur la RAF 2600km 2021). Je tenais mon objectif jusqu’à ce que la tendinite ne me permette plus de pédaler normalement, que ce soit en danseuse ou non.
J’ai trouvé ça injuste mais je ne suis pas du genre à lâcher le morceau facilement mamen, tu le sais.

Tu avais pourtant fait une préparation sérieuse et tu semblais bien conscient de ce qui t’attendait. Quand on voit ce que tu t’envoies toute l’année, on peut logiquement se demander en quoi la TCR est plus compliquée que le reste ?
C’est l’examen final. L’heure du dudududududuuuueeeel. Et il y a donc des conditions jamais vues pour ma part : la fatigue extrême, les pays “craignoss” qui ressemblent à des warzones, la fatigue mentale à cause des conducteurs kamikazes balkans et l’usure de 15 jours de course mêlés à la puissante déception mentale de louper son objectif.

« Je suis du genre à ne pas aimer les prout prout qui se la pète et là, au contraire, il y a une bienveillance que j’ai retrouvé à tous les niveaux. »

On revoit ta tête grimaçante qui nous parle de tes fesses ou de tes genoux. Comment on arrive à remonter sur le vélo quand on a des douleurs comme celle-là ? C’est vraiment qu’au mental ?
Oui. Pas le temps de soigner ou reposer suffisamment pendant la TCR. On parle de 2 à 5 heures de nuit par jour, une nutrition pas toujours top et de la douleur.

Sur ce genre d’évènement je suppose que tu as croisé des fou-furieux de la discipline. Est-ce qu’ils ont su apprécier le Kiffologue, s’ouvrir, discuter, échanger ou bien ça reste hyper clivant avec des “stars” et le reste ?
Alors honnêtement je suis du genre à ne pas aimer les prout prout qui se la pète et là, au contraire, il y a une bienveillance que j’ai retrouvé à tous les niveaux. Les stars comme les autres sont très humbles, souvent cools, la plupart du temps des kiffeurs/kiffeuses. C’est très différent du pignon fixe par exemple.

Quelle est l’erreur que tu as faite pendant la course et où tu t’es dit “Oh quelle erreur de débutant…” ?
Partir avec un nouveau gps que je connaissais pas très bien (mais que j’ai dompté easy) et un cuissard que je ne connaissais pas. Sinon, j’aurais dû passer plus de temps sur le mapping avant course. Mais pas d’erreur grossière, c’est cool.

Il y a un conseil qu’on t’a donné avant de partir et qui t’a sauvé la vie durant la course ?
« Everday mamen, everyday i make du kiff »

Soit honnête avec nous, tu t’es JAMAIS envoyé une petite binouze durant la course ? Même pas un petit demi ?
Pendant une course, je suis ultra focus et je parviens à m’interdire les kiffs habituels (tous les genre de kiff mamen, ta capte).

« Au programme : une course en cargokiff, un tour du monde en cargo d’ici 4 ans, devenir l’empereur du kiff… »

La question qu’on se pose tous : Tu vas te relancer sur une TCR ?
Trop tôt pour l’affirmer et certains morceaux étaient franchement dégoûtants. Mais j’ai une revanche à prendre, je le sens. Donc d’ici trois ans max, je pense venir chercher ma vengeance. Beaucoup d’autres courses me font méga envie. Gros bémol de la TCR : c’est devenu une machine à fric (plus de 500e pour une course…) et je pense qu’il y a des limites. Surtout que je paye encore moi-même toutes mes courses et la logistique associée.

Du coup avant cela c’est quoi les plans pour le kiffologue ?
J’ajouterai volontiers quelques idées de projets futures si ca te semble opportun :
Une course en 2023 en cargokiff, un tour du monde en cargo d’ici 4 ans, devenir l’empereur du kiff, savoir faire des wheelings.

J’ajoute ici, qu’au moment où je te parle tu as décidé de rentrer en France en vélo… Tu peux nous raconter l’itinéraire que tu comptes emprunter ? Et surtout comment après avoir autant souffert on décide de remonter en selle ?
Ouais mameeeen. En fait, n’ayant pas d’obligation professionnelle, je me disais que le moment était idéal pour mêler l’utile à l’agréable. Je t’écris de mon lit d’hôtel, sur la route vers Istanbul. J’ai pris le temps de me reposer quelques jours a l’arrivée de la TCR, à Bourgas. Donc mon popotin va mieux, les genoux et la fatigue aussi.

Itinéraire grossier : Istanbul, chill sur place > Grece, ferry jusqu’en Italie > Sardaigne, Corse, Nice, YOLO

PLOT Twist : j’ai mal au derche, mais c’est supportable et je ne me prive pas pour faire des pauses.

J’vous kiffe Bisoumiel.
Nous aussi on te kiffe. Bisous sur ton derch’.

Et merci à Maximilian Schnell pour les belles photos de Flavien durant la course !

Véritable "Outdoor Enthusiast" comme ils disent si bien. 📷Photographe et passionné de micro-aventure, je découvre avec bonheur sur le tard le bikepacking et le monde du Gravel. 🚴🏻‍♂️

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