Extrême Ouest par Florian Machefert

Aujourd’hui c’est Florian Machefert qui nous partage son aventure. Un biketrip en terre bretonne entièrement capturé sur pellicule. Il faut savoir que Florian est un amoureux de ce format auquel il rend hommage sur son compte instagram mais également à travers le compte Izberg qu’il a co-fondé. Il y a quelques semaines il m’a écrit pour me parler de son idée, son envie d’aventures et après un passage par la chambre noire, il nous partage son histoire et sa trace GPS en fin d’article.


Rouler jusqu’au point le plus à l’ouest de la France métropolitaine. Au bout de l’île d’Ouessant, faisant face au phare de Nividic : la pointe de Pern. Plus loin, c’est l’Amérique.

Depuis mon départ de Nantes, c’est le canal qui me porte. Tranquille et sinueux, je me laisse glisser sur ses rives sans vraiment réfléchir. Il m’emmènera jusqu’aux portes du parc naturel régional d’Armorique.

Le chemin serpente en pleine nature, l’air est doux et j’avance à bonne allure. C’est le moment que je choisis pour m’autoriser un crochet par une commune proche du tracé.

Comme souvent, on y accède par la périphérie où l’on a imbriqué de grandes zones commerciales et de vastes parkings. Avec les années, la ville a repoussé l’activité à ses frontières, entraînant l’asphyxie de son coeur.

À l’approche du centre, les portes closes se succèdent, les bails à céder se multiplient : syndrome généralisé de la ville moyenne qui périclite sous le poids des géants.

Chaque jour offre son lot de conditions climatiques. L’été indien laisse place à la brume et en un claquement de doigts, on bascule dans l’automne.

Du jour au lendemain, c’est toute la perception du paysage qui change. Les routes qui hier semblaient familières se parent d’un mystère aussi plaisant que troublant. Arpenter ces chemins à vélo amplifie les sensations : l’humidité, le froid ou encore le vent, me parviennent désormais sans le moindre filtre. 

À l’aube, je quitte finalement le canal et son calme plat. La route prend alors de la hauteur, la topographie change.

Le corps est mis à l’épreuve mais la monotonie du canal ne me manquera pas un instant. L’extrême ouest n’a jamais été aussi proche et la succession d’ascensions puis de descentes donne un nouveau souffle au voyage.

Et soudain, comme un mirage à la surface de l’eau, l’île se dresse devant moi … Aussi majestueuse qu’elle semble hostile et derrière une légère brume de mer, je la découvre enfin.

Arrivé sur le “caillou” après une traversée bercée par la houle, j’avale les derniers kilomètres vers l’ouest aidé par un fort vent d’Est. Après quelques minutes porté par la bourrasque, j’atteins enfin le point d’orgue de ce périple : la pointe de Pern. Celle-ci, offrant un spectacle minéral et ciselé, on imagine facilement l’hostilité des lieux même par beau temps.

Après cinq cents kilomètres à vélo, ici se termine la route, la où commence l’océan : plus loin c’est l’Amérique …

Ouessant est une parenthèse spatiale et temporelle. Ici le temps s’écoule différemment et même si dans l’imaginaire collectif une île isole, c’est tout le contraire que l’on ressent… L’océan à perte de vue ouvre les perspectives et l’on s’imagine déjà loin.

Les photographies de ce récit ont été réalisées à l’aide d’un Minolta Hi-Matic GF sur négatif 35mm “kodak ultramax 400”, entre Nantes et Ouessant, du 13 au 18 septembre 2020

Trace GPS

Véritable "Outdoor Enthusiast" comme ils disent si bien. 📷Photographe et passionné de micro-aventure, je découvre avec bonheur sur le tard le bikepacking et le monde du Gravel. 🚴🏻‍♂️

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *